L’enfant précoce aujourd’hui

J’ai eu le grand plaisir de lire pour vous en avant-première le nouveau livre de Monique de Kermadec publié chez Albin Michel, intitulé L’enfant précoce aujourd’hui Le préparer au monde de demain.

Même si je n’ai pas d’enfant diagnostiqué précoce, cet ouvrage m’a passionnée. On sent tout le bonheur de Monique de Kermanec à travailler avec des enfants précoces. A travers son ouvrage, elle tente d’accompagner au mieux les enfants et les parents dans la gestion de la douance. Elle nous montre comment nourrir l’intelligence créative et pratique des enfants très doués, qui devront face au monde actuel faire preuve de grandes capacités d’adaptation. Une attention particulière pour les parents, à qui elle donne des clés pour encourager leurs enfants à développer leurs atouts pour la vie. Mais aussi, des anecdotes touchantes issues de son expérience clinique, des mots et des maux d’enfants à qui elle préconise en citant Nietzsche : « Deviens celui que tu es. »

L’auteur a accepté de répondre à mes questions pour vous présenter son ouvrage. Je vous laisse donc découvrir l’interview de Monique de Kermadec spécialement pour vous lecteurs de Profession Maman.

Pourquoi l’enfant précoce d’aujourd’hui est il si différent de celui d’hier?

Est-il si différent? Nous sommes plus informés et de nombreuses publications reviennent sur la description de ces enfants. Leur personnalité, leur regard sur le monde et leur façon d’entrer en relation avec ce monde sont les mêmes. Voici plus de vingt ans que je reçois en entretien ou en bilan des enfants, leurs familles et des adultes surdoués, ceux-ci soulèvent les mêmes questions, présentent des talents aussi variés et ont trop souvent encore les mêmes problèmes. Ce qui a fondamentalement changé est leur possibilité d’évoluer dans un monde mieux informé et qui les comprend mieux.

Vous insistez beaucoup sur la qualité de la relation parent enfant, est elle essentielle pour l’enfant précoce?

On a longtemps recherché les solutions au sein de l’école. Focalisés sur la réussite scolaire de ces enfants, conscients de la souffrance que ceux-ci pouvaient vivre au quotidien les spécialistes et les parents se sont mobilisés. Des programmes spécifiques on été mis en place, des écoles se sont créées. Or, l’enfant précoce vit sa douance au quotidien, dans ses relations extérieures, dans son rapport au monde. Le parent est le seul qui sera présent au fil des ans, qui l’accompagnera de la naissance au départ de la maison à l’âge adulte. C’est ce parent qui pourra l’observer, l’entendre, l’aider à trouver ses solutions, qui nourrira son esprit curieux et avide de connaissance. Je le dis depuis de nombreuses années le parent est l’allié fondamental de l’enfant précoce.

Depuis quelques années l’éducation nationale a mis en place des structures pour les enfants précoces, trouvez vous cela suffisant?

Il était important que l’éducation nationale tienne compte de cette spécificité, informe ses enseignants, et se pose la question d’une pédagogie adaptée. Tout enseignant qui a reçu des enfants précoces et les a identifiés saura qu’il n’y a pas une seule réponse. Ces enfants au QI élevé peuvent, en effet, être très différents l’un de l’autre. Une accélération de rythme justifiée pour l’un ne le sera pas pour un autre qui a besoin de maîtriser la matière enseignée et qui veut rester dans la classe fréquentée. Notons que l’éducation nationale n’a pas créé d’école spécialisée et qu’elle est plutôt en faveur de classes mixtes quand elles existent au niveau du collège.

Qu’est ce que réellement la précocité? Vous n’approuvez d’ailleurs pas le terme, comment l’auriez vous nommée?

La précocité est un état d’esprit, un regard sur le monde et une relation particulière avec ce monde.
Elle est le plus souvent identifiée par un test de QI ( WPPSI-IV pour les moins de six ans et WISC-IV entre six et dix-sept ans ) qui permet d’apprécier une intelligence cognitive. Le score de 130 est généralement reconnu comme confirmant une précocité chez l’enfant.
Le terme précoce préféré en France au terme surdoué pour les enfants souligne bien l’avance mais peut laisser entendre que cette avance sera un jour rattrapée. Or ceci n’est pas vrai. Un enfant précoce deviendra un adulte surdoué qu’il réussisse ou non aux yeux de la société.
Personnelement, j’aime beaucoup le terme anglais : gifted qui veut dire talentueux, terme que nous réservons à nos artistes. Le talent est effectivement un don mais nécessite pour s’épanouir et s’exprimer travail et efforts.

Pour reprendre votre ouvrage, qu’est ce que les enfants précoces voudraient que leurs parents sachent?

De nombreuse choses et j’invite vos lecteurs à les découvrir dans mon ouvrage!
Le plus universel est sans le moindre doute “ N’oubliez pas que je suis un enfant”. L’étiquette de précocité a boulversé plus d’une vie surtout dans les première années où l’on découvrait le sujet. Elle a donné envie à des parents bien intentionnés de sur-investir les talents de leur enfant. Or, une avance ne devrait jamais justifier d’oublier qu’un enfant précoce est avant tout un enfant qui a besoin de franchir paisiblement chaque étape de cette période de construction de sa personnalité, qu’il a besoin de se sentir aimé pour lui-même et non pour ses prouesses. Mais je suis sûre que vos lecteurs le savent déjà !

Monique de Kermadec

Psychologue clinicienne et psychanalyste

Auteur de L’enfant précoce aujourd’hui Le préparer au monde de demain en pré-commande 

Dans vos librairies à partir du 30 septembre

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